Il y a un plaisir coupable à aimer la peinture de Thibaut de Reimpré, relève à juste titre Emmanuel Daydé. A s'en délecter. A se vautrer dans ses éclaboussures, ses repentirs, ses surimpressions, ses cris et ses silences pleins de fureur. De fait, face à ses œuvres, le plaisir est grand de s'abandonner au pur plaisir de la peinture, d'en suivre les jeux graphiques, de glisser du regard entre les différents champs colorés, bref d'en jouir pleinement, et physiquement. Un tableau n'est-il pas au mieux accompli quand il se livre tout entier sans jamais rien perdre pour autant de son mystère et de ses intentions ?
Ce qui confère aux œuvres de Reimpré cette qualité de présence relève d'un engagement du corps à l'œuvre, non dans le cadre d'une quelconque performance - le spectaculaire n'est pas son fait - mais de la conscience vide - c'est-à-dire disponible - d'un être au monde.
Philippe PIGUET
REIMPRE
Fragments éditions
