Sans tomber dans un compagnonnage systématique et forcené avec cet artiste, nous accueillons à nouveau Pépito Matéo avec grand plaisir pour le troisième volet de son triptyque sur les univers sociaux clos. Après le spectacle « Urgence » sur l'univers hospitalier accueilli à Domfront fin 2005, après « Parloir » sur le milieu carcéral accueilli à La Ferté Macé en 2009, voici « Dernier rappel » qui nous conduit dans une maison de retraite truculente, sortie de l'imaginaire galopant de ce su-blime conteur-comédien. La méthode de l'artiste est toujours la même : une immersion dans un milieu spécifique et des recueils de témoignages donnant naissance à un récit peuplé de person-nages plus ou moins imaginaires et hauts en couleur, le tout assaisonné d'une bonne dose d'humour et d'une pointe de critique sur les dérives de notre société à l'égard de populations fragi-les ou en souffrance. « Dernier rappel », non content d'être l'aboutissement de cette trilogie, est certainement le meilleur volet, le plus réussi et le plus poignant, tout simplement parce que c'est celui dans lequel l'artiste a mis le plus de lui-même. Avec en trame l'épopée du roi Gilgamesh dans sa quête du secret de la vie éternelle, Pépito nous embarque toujours avec sa malice habituelle dans son théâtre-conté, à moins que ce ne soit le contraire, mais cette fois l'artiste y a ajouté une magnifique mise en scène pour accompagner cette performance d'acteur rare.
« Il ne s'agit pas d'une thèse philosophique, Pépito Matéo est avant tout lui-même l'acteur, le clown, qui réfléchit à ce qui va advenir inévitablement. Il se demande comment faire pour bien vieillir. »
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