On est à Dunkerque, c'est le Nord et sa culture populaire, son humanité. Une humanité qui déborde. De désespoir, d'ennui mais aussi d'un amour viscéral de la vie. Tout ça mêlé. Une vie que l'on voudrait manger à pleines dents, avec l'appétit bouffon des géants du carnaval. Une vie où les rires et la fête ne sont jamais bien loin des larmes. Rose et Jacky sont de ce pays (comme leurs très touchants interprètes
Christine Bastin et
Thomas Lebrun). Ils vivent là dans un F2, tout près de la mer. Mais c'est pas les vacances, non. C'est leur vie à eux, ici, depuis longtemps, sans enfants, sans même un chien. Une solitude à deux qui les enferme, qui rend presque impossible la parole ; où les mots, l'envie parfois, manquent pour s'aimer.
Même pas seul est un spectacle de danse qui tient un propos, une sorte de théâtre chorégraphié qui offre une vision à la fois très amère et douce de la vie de couple. Sur scène, les corps se meuvent, s'ignorent, se rapprochent, dans un va-et-vient vachard et tendre qui, entre petites tragédies et grands espoirs, dit avec beaucoup de pudeur, de force et de poésie la grandeur de deux petites gens.