Mouvements et bruissements des étoffes que l'on froisse, que l'on caresse, que l'on déchire ; tissus mats, nobles et sobres, ou éclatants de mille feux ; vêtements du bout du monde qui dans leur diversité, partout, sertissent les corps pour en dire la beauté…
Cette fascination pour les tissus, la chorégraphe
Michèle Dhallu la doit à la costumière
Anne Rabaron qui accompagne depuis quelques années ses créations. Subjuguée, la danseuse a voulu cette fois-ci inverser les rôles, placer le vêtement en amont de son travail et non comme complément d'un projet chorégraphique déjà établi.
Chiffonnade, créé donc à partir des contraintes et du pouvoir évocateur des matières imposées par
Anne Rabaron, s'impose comme une somptueuse exaltation du vêtement en mouvement. Tulles et soieries, lin, draps et cuirs, volent et ondoient sur scène, parfois comme des prolongements de la danseuse, souvent comme de véritables partenaires.
Une chorégraphie superbe qui, sur des rythmes jazzy et africains, est aussi une réflexion sur le rapport à l'autre, à travers ce que l'on choisit de cacher ou de montrer par le vêtement.