Décidément cet artiste aime nos contrées qui le lui rendent bien : après des passages récents entre autres à Gacé et Falaise, le voici de retour à La Luciole d'Alençon. Un mois après un nouvel Olympia, cet ancien punk reconverti aux chansons fines, courtes et ciselées, vient nous présenter « La tendresse des fous », son excellent troisième album, n'ayons pas peur de le dire. On y retrouve tout ce que l'on aime et qui a fait la notoriété de « Manu », d'origine portugaise résidant à Dinan : des thèmes abordés avec justesse et concision, portés par une voix éraillée reconnaissable entre mille et par des mélodies épurées et entêtantes. L'artiste nous parle ici de l'absence, d'amour, de lui, de l'autre… Un sentiment latent traverse ce dernier opus : l'idée que l'homme derrière l'artiste effectue un bilan, tourne des pages et avance dans ses quêtes. Alors que la question : « comment ce fer de lance de « l'écurie » Tôt ou Tard pourrait se renouveler et nous emmener avec lui dans des contrées jusque là inexplorées ? » pouvait légitimement se poser, le chanteur tatoué mais pudique, nous surprend à nouveau. Au prix d'une orchestration plus fournie qu'à l'accoutumée, de sujets non encore abordés, de sa voix et son phrasé toujours aussi singuliers, il nous emporte dans son petit monde peuplé de chansons qui font mouche.

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