Sur scène, un cercle, comme une arène. Au fond, des tôles ondulées translucides dessinent un univers urbain. Arrivent bientôt quatre garçons. De ceux qui, démarche chaloupée, effrayent parce que tout en eux, corps et langage, indique qu'ils appartiennent aux marges de la ville, à ces quartiers où, dans le rapport à l'autre, la violence est loi. Les personnages, enfermés dans les codes de leur culture, se toisent, friment, se cherchent, mi-fraternels mi-menaçants, avec les mots qu'ont inspirés à la dramaturge québécoise
Marie-Line Laplante les joutes verbales hip hop. Mais rapidement le langage manque. Aussi quand le garçon aux sabots lance, provocation dérisoire et pathétique, qu'il est le maître du monde, seule la violence des corps se croit apte à répondre. Caparaçonnés de plaques de mousses, les danseurs se combattent alors, accompagnés par leurs ombres. Détenteurs chacun d'une arme totémique qui, à la façon des héros des mangas et des jeux vidéo, les fige en stéréotype, ils s'affrontent, marionnettes conduites par une logique inexorable, dans une surenchère destructrice.
Un spectacle à la croisée des arts, époustouflant de vitalité, qui propose à destination du jeune public une véritable réflexion sur la violence, sans didactisme ni complaisance.